Arno Stern

« [Ses découvertes] font d’Arno Stern un sémiologue doublé d’un ethnologue – sans doute l’un de nos derniers grands explorateurs – avec le nom duquel l’histoire qu’on enseigne doit désormais compter. »
Jamil Jean-Marc Dakhlia, Président de l’université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, La Sorbonne, 9 septembre 2019

« Arno Stern apporte la seule preuve tangible que la notion de races humaines n’existe pas ! »
Albert Jacquard, directeur de l’Institut National d’Etudes Démographiques

« Tout comme Newton créa un instrument et découvrit une science, Arno Stern est à la fois le découvreur d’un nouveau domaine scientifique et l’inventeur de l’outil dans lequel il est possible de voir apparaître cette manifestation jusque là inconnue. Et tout comme la découverte des lois de la gravité conjointe à l’invention du télescope ont modifié de façon profonde notre compréhension de l’univers, la mise au point du Closlieu et la découverte de la Formulation modifient complètement notre manière d’aborder l’éducation, l’enfance et, plus largement, notre condition humaine. »
André Stern, La Sorbonne, 9 septembre 2019

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Le site officiel d'Arno Stern

Les étapes de l’œuvre d'Arno Stern

1946 :
Premier poste dans une maison d’enfants de l’OSE

Années 1950 :
Création et mise en œuvre du Closlieu et de la table-palette. Ce dispositif est le plus connu au monde en matière « d’atelier de peinture pour enfants ». Arno Stern est sollicité par les Professeurs Heuyer, Lebovici, Delay et Volmat pour installer et faire fonctionner ce dispositif dans les hôpitaux de La Pitié-Salpétrière et de Sainte-Anne. Arno Stern est nommé expert de l’UNESCO.

Années 1960 :
Premières découvertes et recherches liées à la Sémiologie de l’Expression. Arno Stern ouvre, avec le soutien de la Ville de Paris, l’EPREC (école de praticiens d’éducation créatrice).

Années 1960-70 :
Voyages dans les contrées les plus reculées du monde à la rencontre des dernières des populations épargnées afin de les faire peindre pour la première fois et de collecter leur traces.

Années 1970 :
Découvertes du tout début de la Trace humaine grâce aux apports de celle qui deviendra son épouse, Michèle Stern.

Années 1970-90 :
Les découvertes d’Arno Stern induisent une toute nouvelles attitude envers l’enfant. Arno et Michèle Stern, avant même les découvertes récentes en neurobiologie, psychologie du développement, théorie de l’attachement etc., mettent en œuvre cette attitude de confiance dans les dispositions spontanées de l’humain : leurs enfants, André et Eléonore, grandissent dans cet environnement.

1985 :
Fondation par Arno Stern de l’Institut de Recherche en Sémiologie de l’Expression Arno Stern.

Années 1990-2020 :
Finalisation du vocabulaire spécifique à la Sémiologie de l’Expression : Closlieu, Jeu de Peindre, Formulation. Mise en œuvre de locaux permettant la conservation et l’étude des documents accumulés au cours des dernières décennies, ainsi que l’accueil de comités scientifiques et de cours de formation. Eléonore et André Stern deviennent les principaux collaborateurs d’Arno Stern. Numérisation des archives jusque-là conservées sous forme de diapositives.

Années 2010 :
Passage au tout numérique. Acquisition du matériel spécifique permettant de numériser, de traiter et d’indexer les 500 000 documents archivés. Arno Stern ne cesse de développer et d’adapter aux progrès techniques son programme de formation au métier de Servant du Jeu de Peindre.

Années 2010-2020 :
Large travail de convergence scientifique mené par Arno Stern, André Stern et l’I.R.S.E.A.S. Utilisation du matériel numérique pour restructurer et approfondir les outils didactiques destinés aux cours de formation. L’I.R.S.E.A.S. devient l’unique dépositaire du fonds de documentation, des archives et du matériel didactique créés par Arno Stern et ses collaborateurs.

Tout au long des ces années, Arno Stern n’a jamais cessé de publier de nombreux livres (traduits en diverses langues). Il a, parallèlement, mené un intense travail de communication par le biais de conférences, participations à des congrès et séminaires, et par d’innombrables interviews. Et il n’a jamais manqué une séance du Jeu de Peindre dans son Closlieu parisien.

[extraits du discours tenu par André Stern lors de l’hommage à Arno Stern rendu à La Sorbonne, Paris, 9 septembre 2019]


« Tout comme Newton créa un instrument et découvrit une science, Arno Stern est à la fois le découvreur d’un nouveau domaine scientifique et l’inventeur de l’outil dans lequel il est possible de voir apparaître cette manifestation jusque là inconnue. Et tout comme la découverte des lois de la gravité conjointe à l’invention du télescope ont modifié de façon profonde notre compréhension de l’univers, la mise au point du Closlieu et la découverte de la Formulation modifient complètement notre manière d’aborder l’éducation, l’enfance et, plus largement, notre condition humaine.

Tenter de faire entrer Arno Stern et son œuvre dans un courant de pensée serait vain, car il n’entre dans aucun d’entre eux, et pour cause : il est le fondateur, presque à son insu – et sans cette intention – d’un nouveau courant de pensée.

Ce que la science dit désormais quant à l’infini des potentiels dont les programmes génétiques doivent nous équiper dans leur ignorance de l’époque ou de l’environnement qui seront nôtres, Arno Stern l’a non seulement constaté avant l’heure, mais, il a, également, permis que cette dimension de l’enfant devienne tangible, palpable, visible par tous.

En 70 ans de travail solitaire, il a collecté 500 000 documents, et les a tous observés sans arrière-pensée et sans les biais et les conditionnements de tous ceux qui l’avaient fait avant lui. On trouve ce que l’on cherche, que l’on soit artiste ou médecin. Arno Stern ne cherchait rien. Il a vu émerger ce qu’est la trace de l’humain lorsqu’elle est vraiment spontanée. Aussi bien dans son Closlieu parisien que, par la suite, auprès des populations lointaines et épargnées auxquelles il a rendu visite pour les faire tracer pour la première fois.

Dans ces 500 000 documents, il y a des milliers d’exemples des premières figures que trace l’humain, immuablement, selon les mêmes processus, les mêmes occurrences, les mêmes chronologies, dont Arno Stern a établi le tableau schématique complet et toujours vérifiable. 

Parmi ces 500 000 documents sont conservées les évolutions de dizaines d’enfant ayant commencé à tracer dès leur plus tendre enfance et ne s’étant jamais s’arrêtés, ni à l’adolescence, ni à l’âge adulte. Des telles évolutions sont inconnues, car l’acte de tracer n’était, jusqu’alors, qu’épisodique et anecdotique. Qui, en dehors d’Arno Stern, possède de telles évolutions, reparties sur des décennies, constantes, hebdomadaires, consignées sans aucune faille ?

Parmi ces 500 000 documents, il y a, enfin, le témoignage de la dimension infinie dont est capable l’humain, ou, en tout cas, l’enfant. Dans le Closlieu d’Arno Stern, d’innombrables enfants se sont livrés à l’expansion sans borne de leur univers, car c’est un endroit où il n’y a pas de limite d’espace ou de temps. Certains y travaillent depuis 40 ans au même tableau, lui ajoutant toujours des feuilles supplémentaires, d’autres plongent pendant plusieurs mois dans des mondes sans limites auxquels ils peuvent toujours revenir, auxquels ils peuvent, sans frontière, toujours ajouter de nouvelles extensions. Aucune de ces personnes n’a jamais pu voir l’ensemble de son tableau, certains étant composés de plusieurs centaines de feuilles couvrant aussi bien en hauteur qu’en largeur une surface qu’aucun bâtiment ne peut offrir. Arno Stern les a fait scanner puis assembler dans l’espace numérique. Voilà qu’apparaissent enfin ces mondes sans précédent et sans équivalents, ces dimensions inimaginables.

L’enfant qui dessine a toujours été vu penché sur une feuille d’à peine 30 cm de côté. Le voici mis dans une nouvelle lumière, tout comme l’espace et le temps qu’il sait investir, remplir de l’univers qu’il crée, invente, vit… c’est dans cette nouvelle lumière que naît un nouveau regard sur l’enfant en général, sur l’immensité qu’il sait atteindre. Lui que l’on voyait au format A4, comme un modèle réduit en devenir, voilà qu’il apparaît tel un géant.

Ce nouveau regard, les constats qui en découlent, amène automatiquement chacun d’entre nous à une nouvelle attitude envers non-seulement l’enfant, mais également envers l’humain dans son ensemble. »